Après un examen approfondi de l'autruche, Fritz s'écria: «C'est pourtant dommage que ce bel animal soit mort, car il porterait sans peine deux hommes de ma taille; je suis certain qu'il a au moins six pieds de hauteur sans compter le cou, qui en a bien trois à quatre à lui tout seul.

ERNEST. Comment de pareilles troupes d'animaux peuvent-elles demeurer dans des déserts qui offrent si peu de ressources pour leur nourriture?

MOI. Si les déserts étaient totalement arides, la question serait difficile à résoudre; mais ils renferment toujours quelques bosquets de palmiers et de plantes qui peuvent servir de pâture aux animaux. Il faut observer en outre que la plupart des habitants du désert sont organisés de manière à supporter de longs jeûnes, et leur course est si rapide, qu'ils traversent sans s'arrêter d'immenses étendues de sables arides.

FRITZ. À quoi servent ces espèces d'épines dont les ailes de l'autruche sont armées?

MOI. C'est probablement une défense contre leurs ennemis, qu'ils combattent à grands coups d'ailes.

JACK. Est-il vrai que l'autruche se serve de ses doigts de pieds pour lancer des cailloux derrière elle lorsqu'elle est poursuivie? Ce serait un trait d'intelligence remarquable dans un pareil animal.

MOI. Le cheval aussi, lorsqu'il galope, fait voler sous ses pieds le sable et les cailloux, et il n'y a pas plus de raisonnement de sa part que de la part de l'autruche.

FRITZ. Les autruches ont-elles un cri particulier?

MOI. Elles font entendre pendant la nuit un cri plaintif, et pendant le jour une espèce de rugissement semblable à celui du lion.»

Ernest et Jack avaient disparu de nos côtés, et je les aperçus bientôt à une certaine distance sur les traces du chacal, qui semblait leur servir de guide. Ils s'arrêtèrent auprès d'un buisson, nous faisant signe de les rejoindre au plus vite.