En approchant, nous entendîmes des cris de joie au milieu desquels il était facile de reconnaître ces mots: «Un nid d'autruche! un nid d'autruche!» et nous aperçûmes les chapeaux voltiger en l'air en signe d'allégresse.

Lorsque je fus arrivé près d'eux, j'aperçus, en effet, un véritable nid d'autruche; mais il consistait simplement en une légère excavation dans le sable, contenant trente œufs de la grosseur d'une tête d'enfant.

MOI. «Voici une découverte excellente. Seulement gardez-vous bien de déranger les œufs, de peur d'effaroucher la couveuse, et alors nous pourrons prendre notre revanche de la malheureuse chasse de ce matin. Mais dites-moi donc comment vous êtes parvenus à découvrir ce nid si bien caché.

ERNEST. La femelle qui s'est envolée la dernière m'ayant semblé sortir de terre à notre approche, je remarquai bien la place où je l'avais vue se lever. Il me vint aussitôt à la pensée qu'elle était peut-être sur son nid, et, appelant à mon aide le chacal, nous suivîmes ses traces, qui nous amenèrent où nous sommes; mais, à notre arrivée, le chacal avait déjà eu le temps de briser un œuf et d'en dévorer le contenu.

JACK. Oui, oui, et le petit était déjà presque formé et près d'éclore.

MOI. Voilà encore un tour de ce maudit chacal. Ne pourra-t-on jamais le corriger de ses penchants destructeurs?

FRITZ. Maintenant qu'allons-nous faire de cette provision d'œufs d'autruche?

JACK. Il faut les emporter et les enfouir dans le sable pour les faire éclore.

MOI. Voilà qui est facile à dire; mais tu aurais dû commencer par en calculer le nombre et la grosseur. Chaque œuf pèse au moins trois livres, ce qui donne un total de quatre-vingt-dix livres. Et d'ailleurs, comment les déplacer sans les briser? Le meilleur parti est de les laisser ici jusqu'à demain matin, et de revenir les chercher avec le chariot ou avec une de nos bêtes de somme.

FRITZ. Ah! cher père, permettez-nous d'en prendre un ou deux comme échantillons. Ils sont si curieux.