ERNEST. Je vais aller lever le pont, et demain nous verrons ce qu'il y aura de nouveau. Ne serait-il pas charmant de recevoir ici un messager de Sydney-Cove dans la Nouvelle-Hollande! Ne nous parliez-vous pas dernièrement de la proximité de cette contrée?
MOI. Voilà une excellente plaisanterie, monsieur le docteur, et toutefois l'invraisemblable n'est pas toujours éloigné du vrai. Maintenant, allons prendre du repos, et demain tu nous conteras des nouvelles de Sydney-Cove, si tu reçois ton courrier cette nuit.
[CHAPITRE XVIII]
[Retour du pigeon messager.—La chasse aux cygnes.—Le héron et le tapir.—La grue.—Le moenura superba.—Grande déroute des singes.—Ravage des éléphants à Zuckertop.—Arrivée à l'Écluse.]
Ernest était debout avant la pointe du jour. En me levant, je l'entendis rôder autour du pigeonnier. Lorsque nous l'eûmes appelé pour déjeuner, il s'avança gravement, tenant un grand papier plié et scellé en forme d'ordonnance, et prononça ces mots, suivis d'une profonde révérence: «Le maître de poste de Felsen-Heim salue humblement Vos Seigneuries, et les supplie de l'excuser s'il ne leur a pas remis plus tôt les dépêches de Waldeck et de Sydney-Cove, la poste étant arrivée très-avant dans la nuit.»
Ma femme et moi nous ne pûmes retenir un éclat de rire à cette harangue solennelle, et, pour me prêter à la plaisanterie, je répondis aussi gravement:
«Eh bien, monsieur le secrétaire, qu'y a-t-il de nouveau dans la capitale? Faites-nous part des nouvelles que nous attendons de nos sujets ou de nos alliés.»
Aussitôt Ernest, ayant déplié sa lettre, en commença la lecture en ces termes:
«Le gouverneur général de New-South-Wales, au gouverneur de Felsen-Heim, Falken-Horst, Waldeck et Zuckertop, salut et considération.