La malveillance seule voit les imperfections et les défauts, il faut donc se faire malveillant pour les voir; mais gardons-nous de le devenir plus que cela n'est rigoureusement nécessaire.
Le plus grand bonheur qui puisse nous arriver, est celui qui corrige nos imperfections et répare nos fautes.
Si tu sais lire, il faut que tu comprennes; si tu sais écrire, il faut que tu saches quelque chose; si tu crois, tu es forcé de concevoir; si tu désires, tu t'imposes des obligations; si tu exiges, tu obtiendras; si tu as de l'expérience, on te demande d'être utile.
Nous ne reconnaissons de l'autorité qu'à ceux qui nous sont utiles. Si nous nous soumettons à nos souverains, c'est parce qu'ils nous assurent la tranquille possession de nos propriétés, et qu'ils nous protègent contre tout ce qui pourrait nous arriver de désagréable.
Le ruisseau est l'ami du meunier qui l'utilise. Il aime mieux se précipiter par-dessus les roues qu'il fait mouvoir, que de rouler à travers la vallée avec une tranquillité stérile.
Celui qui se contente de régler sa conduite sur une simple expérience, est toujours dans le vrai. Considéré sous ce point de vue, l'enfant qui commence à raisonner est un grand sage.
La théorie n'a d'autre mérite réel que celui de nous faire croire à la coïncidence des événements.
Toutes les choses abstraites deviennent inaccessibles au sens commun, lorsqu'on veut les mettre en oeuvre; et le sens commun arrive toujours à l'abstrait par l'action et par l'observation.
Lorsqu'on demande trop et qu'on se plaît datas les combinaisons compliquées, on s'expose à s'égarer dans le désordre.
Il est bon de penser par analogie, car l'analogie ne conclue rien. L'induction est dangereuse, car elle se pose un but déterminé qu'elle ne perd jamais de vue, et vers lequel elle entraîne indistinctement le faux et le vrai.