Les choses les plus vulgaires, lorsqu'elles sont dites d'une manière burlesque, peuvent paraître piquantes.

Nous conservons toujours assez de force pour agir, lorsque nous sommes guidés par une conviction profonde.

La mémoire peut nous faire défaut impunément, pourvu qu'au même instant le jugement ne nous abandonne pas aussi.

Les poètes qui ne reconnaissent ou n'admettent d'autres lois que celles de leur propre nature, sont des talents frais et neufs, rejetés par l'esprit d'une époque artistique, qui, à force de vouloir cultiver et perfectionner les arts, est devenu stagnant et maniéré. Comme il est impossible à ces talents d'éviter toujours la platitude, on peut, sous ce rapport, les regarder comme rétrogrades; mais, sous tous les autres, ils méritent le titre de régénérateurs, car ils font entrer les autres dans la voie du progrès.

Le jugement d'une nation ne se développe que lorsqu'elle peut se juger elle-même, avantage dont elle ne commence à jouir que dans l'âge mûr de la civilisation.

Lorsqu'on met la nature à la torture, elle devient muette; lorsqu'on l'interroge loyalement, elle se borne à répondre oui ou non.

La plupart des hommes trouvent la vérité trop simple; ils devraient se souvenir qu'il est déjà assez difficile de la pratiquer utilement telle qu'elle est.

Je maudis tous ceux qui, se faisant de l'erreur un monde à leur usage, osent demander encore que tout ce que l'homme fait soit utile.

Il faut considérer une école comme un seul homme qui, pendant tout un siècle, se parle à lui-même et s'admire, lors même que ce qu'il dit est absurde et niais.

On ne saurait réfuter un faux enseignement, parce qu'il se fonde sur la conviction que le faux est vrai; mais il est possible, il est nécessaire même de le combattre par une opposition directe et réitérée.