Si aux yeux de Dieu toute la sagesse humaine n'était que de la folie, ce ne serait pas la peine d'arriver jusqu'à l'âge de soixante-dix ans.
Le vrai est comme le divin, il ne nous apparaît pas immédiatement, et nous sommes forcés de le deviner dans ses manifestations.
Le véritable disciple apprend à développer l'inconnu du connu et s'approche ainsi du maître.
Mais il est fort difficile à la plupart des hommes de trouver l'inconnu dans le connu, car ils ne savent pas que leur entendement opère avec autant d'art que la nature elle-même.
Les Dieux nous ont appris à imiter leurs oeuvres; mais nous ne savons pas ce que nous faisons, et nous ne connaissons pas ce que nous imitons.
Tout est semblable et différent; tout est utile et nuisible; tout est muet et parlant; tout est sensé et déraisonnable; et les faibles notions que nous avons sur les choses, se contredisent sans cesse.
Les hommes se sont donné des lois sans savoir sur quoi ils les imposaient; la nature a été réglée par les Dieux.
Ce qui a été établi par les hommes, que ce soit juste ou injuste, ne cadre jamais assez bien pour rester toujours à la même place: ce qui a été établi par les Dieux, que ce soit juste ou injuste, est immuable.
Quant à moi je soutiens que les arts connus des hommes, ressemblent aux événements secrets ou visibles de la nature.
Il en est ainsi de l'art de prédire l'avenir. Il consiste à voir le caché dans le découvert, l'avenir dans le présent, le vivant dans le mort, le sensé dans l'insensé.