Il y avait aussi celui de la mère Douglas, connue sous le nom de Mère Cole et que Cleland a dépeinte sous ce nom, ainsi que le fit ensuite Foote dans sa fameuse comédie, la Bouquetière de Bath.
Ses traits ont été fixés par Hogarth. C'était une femme maniérée, rebondie, hypocrite, dévote et soularde. C'est encore elle qui inventa la capeline.
Le bagnio de Mrs. Gould était un des plus élégants et renommé pour les liqueurs qu'on y servait.
Mrs. Stanhope tenait un bagnio également fameux et connu sous le nom de Hellfire Stanhope. Cette procureuse était la maîtresse du président de l'Hellfire-Club ou Club du feu d'enfer, où l'on se livrait aux orgies cruelles et sataniques. Mrs. Stanhope était riche, et c'était chez elle que l'on trouvait les plus belles filles. Il y avait encore le Saint-James-Bagnio et le Key-Bagnio.
Casanova ne manqua pas de visiter les bagnios.
«Je voulus aussi, écrit-il, dès la première semaine, connaître les bains choisis, où un homme riche va souper, coucher et se baigner avec une catin de bon ton, espèce qui n'est pas rare à Londres. C'est une partie de débauche magnifique et qui ne coûte que six guinées. L'économie peut réduire la dépense à cent francs, mais l'économie qui gâte les plaisirs n'était pas de mon fait.»
Toutefois, plus loin, Casanova paraît se contredire, il semble qu'il ne connut les bagnios que plus tard et qu'il y fut mené par lord Pembroke longtemps après son arrivée à Londres et pendant ses démêlés avec la Charpillon.
«Je passai le jour suivant avec l'aimable lord, qui me fit connaître le bagnio à l'anglaise, partie de plaisir qui coûte fort cher et que je ne m'arrêterai pas à décrire, parce qu'elle est connue de tous ceux qui ont voulu dépenser six guinées pour se procurer cette jouissance. Nous eûmes, dans cette partie, deux sœurs fort jolies qu'on appelait les Garich.»
Il y avait aussi, à Londres, des maisons discrètes où l'on trouvait deux ou trois filles. Mais le premier seraglio venait à peine d'être ouvert par Mrs. Goadby, qui mérita le surnom de la grande Goadby. C'est elle qui donna à son établissement le nom de seraglio. Elle avait un grand nombre de femmes à demeure, qui devaient boire ferme la nuit avec les soupeurs, et, le jour, brodaient, jouaient de la guitare en buvant du lait d'amandes. Les clients ne venaient guère qu'après la fermeture des théâtres.