Les seraglios se multiplièrent vite.
Voici réimprimées d'après un ouvrage rare, Les Sérails de Londres, livre traduit de l'anglais, les descriptions des lieux de prostitution à Londres, au XVIIIe siècle:
«Ce siècle d'avancement[2] et de perfection dans les arts, les sciences, le goût, l'élégance, la politesse, le luxe, la débauche et même le vice, devait être particulièrement distingué par le mode et les cérémonies usités dans le culte rendu à la déesse de Cypris.
[2] Les Sérails de Londres ou les Amusements nocturnes, contenant les scènes qui y sont journellement représentées, les portraits et la description des Courtisanes les plus célèbres et les caractères de ceux qui les fréquentent. Traduit de l'anglais. Paris, 1801. Ce livre, publié chez Barba, relate l'état de la galanterie londonienne bien avant la date où il fut publié à Paris, et traite des maisons de débauche de Londres, à peu près à partir de l'époque où parut le roman de John Cleland.
«Nos pères connaissaient si peu ce que l'on appelle aujourd'hui le ton qu'ils regardaient infâme tout homme qui entretenait une maîtresse; les saillies même de la jeunesse étaient inexcusables; il fallait, avant le vœu matrimonial, observer très religieusement, des deux côtés, le plus parfait célibat. L'adultère était alors jugé un des plus grands crimes que l'on pût commettre; et lorsqu'une femme s'en rendait coupable, fût-elle de la plus haute noblesse, on la bannissait de la société; ses parents et ses amis ne la regardaient même pas. Aujourd'hui, la véritable politesse, établie sur les principes les plus libéraux du savoir-vivre, a pris la place de ces notions gothiques: la galanterie s'est introduite graduellement jusqu'à ce qu'elle ait atteint son présent degré de perfection.
«Ce fut sous le règne de Charles II qu'elle commença à prendre naissance. Ce monarque en établit l'exemple dans le choix et le nombre de ses maîtresses pour ses courtisans et ses sujets; mais dès que Jacques, ce prince moine et bigot (qui, comme l'avait observé Louis XIV, perdit trois royaumes pour une messe), parvint au trône, la galanterie fut alors bannie de ces royaumes.
«A l'avènement de George Ier, les dames reprirent leur pouvoir. La gaieté et la familiarité établirent un commerce entre les deux sexes. Il n'y avait point de partie complète sans les dames; ces parties devinrent ensuite plus particulières et favorisèrent les desseins des amants. L'intrigue commença alors à éviter les regards de la cour que le palais avait favorisée; et les courtisans, pour mieux suivre leur passion, se retirèrent dans les boudoirs.
«Sous le règne de George II, la galanterie se purifia; elle devint une science pour ceux qui voulurent intriguer avec dignité. Les femmes eurent alors tout pouvoir à Saint-James. On faisait plus sa cour à la maîtresse d'un homme puissant qu'au premier ministre, et les dignitaires de l'Église ne se croyaient pas déshonorés de solliciter les faveurs d'une Laïs favorite.
«Le règne présent est celui où la galanterie et l'intrigue sont parvenues au plus haut degré de perfection.