Cependant le partenaire d'Émily l'avait invitée à prendre part à la danse; la toute blonde et accommodante créature se leva aussitôt. Si une complexion à faire honte aux lis et aux roses, des traits d'une extrême finesse et cette fleur de santé qui donne tant de charme aux villageoises pouvaient la faire passer pour une beauté, elle l'était assurément et l'une des plus éclatantes parmi les blondes.

Son galant s'occupa d'abord, tandis qu'elle était debout, de dégager ses seins et de leur rendre la liberté, ce qui n'était pas difficile, car ils n'étaient retenus que par le corsage. A peine se montrèrent-ils que la salle nous parut éclairée d'une nouvelle lumière, tant leur blancheur avait d'éclat. Leur rondeur était si parfaite, si bien remplie qu'on eût dit de la chair solidifiée en marbre; ils en avaient le poli et le lustré, mais le marbre le plus blanc n'eût pas égalé les teintes vives et claires de leur peau, nuancée dans sa blancheur de veines bleuâtres. Comment se défendre de séductions aussi pressantes? Il toucha légèrement ces deux globes, et la peau brillante et lisse éluda sa main qui glissa sur la surface; il les comprima, et la chair élastique qui les remplissait, ainsi creusée de force, rebondit sous sa main, effaçant aussitôt la trace de la pression. Telle était, du reste, la consistance de tout son corps, dans ces parties principalement où la plénitude de la chair constitue cette belle fermeté qui est si attrayante au toucher.

Après quelque temps employé à ces caresses, il lui releva la jupe et la chemise, qu'il enroula sur la ceinture, de sorte qu'ainsi troussée elle était nue de toute part. Son charmant visage se couvrit alors de rougeur, et ses yeux, baissés vers le sol, semblaient demander grâce quand elle avait, au contraire, tant de raisons de s'enorgueillir de tous les trésors de jeunesse et de beauté qu'elle étalait si victorieusement. Ses jambes étaient bien faites, et ses cuisses, qu'elle tenait serrées, si blanches, si rondes, si substantielles et si riches en chair, que rien n'était plus capable de provoquer l'attouchement. Aussi ne s'en priva-t-il point. Ensuite, écartant doucement sa main, qui dans le premier mouvement d'une modestie naturelle s'était portée là, il nous fit entrevoir ce mignon défilé qui descendait et se perdait entre ses cuisses. Mais ce que nous pouvions pleinement contempler, c'était au-dessus la luxuriante crépine de boucles d'un brun clair, dont la teinte soyeuse tranchait sur la blancheur des environs et s'en trouvait elle-même rehaussée. Il la conduisit au pied du sopha, et là, approchant un oreiller, il lui inclina doucement la tête qu'elle y appuya sur ses mains croisées, si bien que, le corps en saillie, elle présentait une pleine vue d'arrière de sa personne nue jusqu'à la ceinture. Son postérieur charnu, lisse et proéminent formait une double et luxuriante nappe de neige animée qui remplissait glorieusement l'œil et suivant la pente de ses blanches collines, dans l'étroite vallée qui les séparait, s'arrêtait et s'absorbait dans la cavité inférieure; celle-ci, qui terminait ce délicieux tableau, s'entr'ouvrait légèrement, grâce à la posture penchée, de sorte que l'agréable vermillon de l'intérieur se laissait apercevoir et, rapproché du blanc qui éclatait tout autour, donnait en quelque sorte l'idée d'un œillet rose découpé dans un satin blanc et lustré.

Le galant, qui était un gentleman d'environ trente ans et quelque peu affecté d'un embonpoint qui n'avait rien de désagréable, choisit cette situation pour exécuter son projet. Il la plaça donc à son gré, et l'encourageant par des baisers et des caresses, il choisit une direction convenable, et tenant ses mains autour du corps de la jeune fille, il en jouait avec ses seins enchanteurs. Lorsqu'elle le sentit chez elle, levant la tête et tournant un peu le cou, elle nous fit voir ses belles joues, teintes d'un écarlate foncé, et sa bouche, exprimant le sourire du bonheur, sur laquelle il appliqua un baiser de feu. Se retournant alors, elle s'enfonça de nouveau dans son coussin, et resta dans une situation passive, aussi favorable que son amant pouvait le désirer. Puis ils se laissèrent aller sur la couche, et ils y restèrent encore quelque temps, et dans la plus pure extase de la volupté.

Aussitôt qu'Émily fut libre, nous l'entourâmes pour la féliciter sur sa victoire; car il est à remarquer que, quoique toute modestie fût bannie de notre société, l'on y observait néanmoins les bonnes manières et la politesse; il n'était pas permis ni de montrer de la hauteur, ni de faire aucuns reproches désobligeants sur la condescendance des filles pour les caprices des hommes, lesquels ignorent souvent le tort qu'ils se font en ne respectant pas assez les personnes qui cherchent à leur plaire.

La compagnie s'approcha ensuite de moi, et mon tour étant venu de me soumettre à la discrétion de mon amant et à celle de l'assemblée, le premier m'aborda et me dit, en me saluant avec tendresse, qu'il espérait que je voudrais bien favoriser ses vœux; mais que si les exemples que je venais de voir n'avaient pas encore disposé mon cœur en sa faveur, il aimerait mieux se priver de ma possession que d'être en aucune façon l'instrument de mon chagrin.

Je lui répondis sans hésiter ou sans faire la moindre grimace que si même je n'avais pas contracté un engagement formel avec lui, l'exemple d'aussi aimables compagnes suffirait pour me déterminer; que la seule chose que je craignais était le désavantage que j'aurais après la vue des beautés que j'avais admirées, et qu'il pouvait compter que je le pensais comme je venais de le dire.

La franchise de ma réponse plut beaucoup et mon galant reçut les compliments de félicitations de toute la compagnie.

Mme Cole n'aurait pu me choisir un cavalier plus estimable que le jeune gentleman qu'elle m'avait procuré; car indépendamment de sa naissance et de ses grands biens, il était d'une figure des plus agréables et de la taille la mieux prise; enfin il était ce que les femmes nomment un fort joli garçon.

Il me mena vers l'autel où devait se consommer notre mariage de conscience et, comme je n'avais qu'un petit négligé blanc, je fus bientôt mise en jupon et en chemise qui, d'accord aux vœux de toute la compagnie, me furent encore ôtés par mon amant; il défit de même ma coiffure et dénoua mes cheveux, que j'avais, sans vanité, fort beaux.