«Ah! monsieur, mon cher monsieur..., je vous... je vous prie... ne m'épar... gnez... ne m'épargnez pas... ah!... ah!...»

Ses yeux se fermèrent langoureusement à la suite de ce monologue et l'ivresse la fit mourir pour renaître plus tôt sans doute qu'elle n'aurait voulu.

Lorsqu'il se trouva désarçonné, Louisa se leva, vint à moi, me donna un baiser et me tira près de la table, où l'on me fit boire un verre de vin, accompagné d'un toast honnêtement facétieux de l'invention de Louisa.

Cependant, le second couple s'apprêtait à entrer en lice; c'étaient un jeune baronnet et la tendre Harriett. Mon gentil écuyer vint m'en avertir et me conduisit vers le lieu de la scène.

Harriett fut donc menée sur la couche vacante. Rougissant lorsqu'elle me vit, elle semblait vouloir se justifier de l'action qu'elle allait commettre et qu'elle ne pouvait éviter.

Son amant (car il l'était véritablement) la mit sur le pied du sopha et, passant ses bras autour de son cou, préluda par lui donner des baisers savoureusement appliqués sur ses belles lèvres, jusqu'à ce qu'il la fît tomber doucement sur un coussin disposé pour la recevoir, et se coucha sur elle. Mais, comme s'il avait su notre idée, il ôta son mouchoir et lui découvrit la poitrine. Quels délicieux manuels de dévotion amoureuse! Quel fin et inimitable modelé! petits, ronds, fermes et d'une éclatante blancheur, le grain de la peau si doux, si agréable au toucher et leurs tétins, qui les couronnaient, de véritables boutons de rose! Après avoir régalé ses yeux de ce charmant spectacle, régalé ses lèvres de baisers savoureux imprimés sur chacun de ces délicieux jumeaux, il se mit en devoir de descendre plus bas.

Il leva peu à peu ses jupes et exposa à notre vue la plus belle parade que l'indulgente nature ait accordée à notre sexe. Toute la compagnie qui, moi seule exceptée, avait eu souvent le spectacle de ces charmes, ne put s'empêcher d'applaudir à la ravissante symétrie de cette partie de l'aimable Harriett, tant il est vrai que ces beautés admirables étaient dignes de jouir d'une éternelle nouveauté. Ses jambes étaient si délicieusement façonnées qu'avec un peu plus ou un peu moins de chair, elles eussent dévié de ce point de perfection qu'on leur voyait. Et le gentil sillon central était chez cette fille en égale symétrie de délicatesse et de miniature avec le reste de son corps. Non, la nature ne pouvait rien offrir de plus merveilleusement ciselé. Enfin un ombrage épais répandait sur ce point du paysage un air de fini que les mots seraient impuissants à rendre et la pensée même à se figurer.

Son cher amant, qui était resté absorbé par la vue de ces beautés, s'adressa enfin au maître de ces ébats et nous le montra qui par sa taille méritait le titre de héros aux yeux d'une femme. Il se plaça et nous aperçûmes toutes les gradations du plaisir; les yeux humides et perlés de la belle Harriett, le feu de ses joues annoncèrent le bonheur auquel elle était près d'atteindre. Elle resta quelque temps immobile, jusqu'à ce que, les aiguillons du plaisir se dirigeant vers le point central, elle ne pût retenir davantage ses transports; ses mouvements, d'accord avec ceux de son vainqueur, ne faisaient que s'accroître; les clignotements de leurs yeux, l'ouverture involontaire de leurs bouches et la molle extension de tous les membres firent enfin connaître à l'assemblée contemplative l'extase suprême.

L'aimable couple garda dans le silence cette dernière situation, jusqu'à ce qu'enfin un baiser langoureux donné et repris marqua le triomphe et la joie du héros qui venait de vaincre.

Dès qu'Harriett fut délivrée, je volai vers elle et me plaçai à son côté, lui soulevant la tête, ce qu'elle refusa en reposant son visage sur mon sein, pour cacher la honte que lui donnait la scène passée, jusqu'à ce qu'elle eût repris peu à peu sa hardiesse et qu'elle se fût restaurée par un verre de vin, que mon galant lui présenta pendant que le sien rajustait ses affaires.