Tandis que Mr. Barville m'examinait, je parcourus avec curiosité la figure d'un homme qui, au printemps de l'âge, s'amusait d'un exercice qu'on ne connaît que dans les écoles.

C'était un garçon joufflu et frais, excessivement blond, taille courte et replète, avec un air d'austérité. Il avait vingt-trois ans, quoiqu'on ne lui en eût donné que vingt, à cause de la blancheur de sa peau et de l'incarnat de son teint qui, joints à sa rondeur, l'auraient fait prendre pour un Bacchus, si un air d'austérité ou de rudesse ne se fût opposé à la parfaite ressemblance. Son habillement était propre, mais fort au-dessous de sa fortune; ce qui venait plutôt d'un goût bizarre que d'une sordide avarice.

Dès que Mme Cole fut sortie, il se plaça près de moi et son visage commença à se dérider. J'appris par la suite, lorsque je connus mieux son caractère, qu'il était réduit, par sa constitution naturelle, à ne pouvoir goûter les plaisirs de l'amour avant que de s'être préparé par des moyens extraordinaires et douloureux.

Après m'avoir disposée à la constance par des apologies et des promesses, il se leva et se mit près du feu, tandis que j'allais prendre dans une armoire voisine les instruments de discipline, composés de petites verges de bouleau liées ensemble, qu'il mania avec autant de plaisir qu'elles me causaient de terreur.

Il approcha alors un banc destiné pour la cérémonie, ôta ses habits, et me pria de déboutonner sa culotte et de rouler sa chemise par-dessus ses hanches; ce que je fis en jetant un regard sur l'instrument pour lequel cette préparation se faisait. Je vis le pauvre diable qui s'était, pour ainsi dire, retiré dans son ermitage, montrant à peine le bout de sa tête, tel que vous aurez vu au printemps un roitelet qui élève le bec hors de l'herbe.

Il s'arrêta ici pour défaire ses jarretières, qu'il me donna, afin que je le liasse par ses jambes sur le banc; circonstance qui n'était nécessaire, comme je le suppose, que pour augmenter la farce qu'il s'était prescrite. Je le plaçai alors sur son ventre, le long du banc avec un oreiller sous lui, je lui liai pieds et poings et j'abattis sa culotte jusque sur ses talons; ce qui exposa à ma vue deux fesses dodues et fort blanches qui se terminaient insensiblement vers les hanches.

Prenant alors les verges, je me mis à côté de mon patient et lui donnai, suivant ses ordres, dix coups appliqués de toute la force que mon bras put fournir; ce qui ne fit pas plus d'effet sur lui que la piqûre d'une mouche n'en fait sur les écailles d'une écrevisse. Je vis avec étonnement sa dureté, car les verges avaient déchiré sa peau, dont le sang était prêt à couler, et je retirai plusieurs esquilles de bois sans qu'il se plaignît du mal qu'il devait souffrir.

Je fus tellement émue à cet aspect pitoyable que je me repentais déjà de mon entreprise et que je me serais volontiers dispensée de faire le reste; mais il me pria de continuer mon office, ce que je fis jusqu'à ce que, le voyant se démener contre le coussin, d'une manière qui ne dénotait aucune douleur, curieuse de savoir ce qui en était, je glissai doucement la main sous le jeune homme, et je trouvai les choses bien changées à mon grand étonnement; ce que je croyais impalpable avait pris une consistance surprenante et des dimensions démesurées quant à la grosseur, car pour la taille, elle était fort courte. Mais il me pria de continuer vivement ma correction, si je voulais qu'il atteignît le dernier stage du plaisir.

Reprenant donc les verges, je commençai d'en jouer de plus belle, quand après quelques violentes émotions et deux ou trois soupirs, je vis qu'il restait sans mouvement. Il me pria alors de le délier, ce que je fis au plus vite, surprise de la force passive dont il venait de jouir et de la manière cruelle dont il se la procurait; car lorsqu'il se leva, à peine pouvait-il marcher, tant j'y avais été de bon cœur.

J'aperçus alors sur le banc les traces de son plaisir et je vis que son paresseux s'était déjà de nouveau caché, comme s'il avait été honteux de montrer sa tête, ne voulant céder qu'à la fustigation de ses voisines postérieures, qui ainsi souffraient seules de son caprice.