Ces quatre sujets si éloignés en apparence de l'Histoire de la Vierge, se retrouvent au porche occidental de Laon et dans un vitrail de la collégiale de Saint-Quentin, tous deux consacrés à la Vierge comme le portail d'Amiens. Le lien entre ses sujets et la vie de la Vierge se trouve, selon M. Male, dans Honorius d'Autun (sermon pour le jour de l'Annonciation). Selon Honorius d'Autun, la Vierge a été prédite, et sa vie symboliquement figurée dans ces épisodes de l'Ancien Testament. Le buisson que la flamme ne peut consumer, c'est la Vierge portant en elle le Saint Esprit, sans brûler du feu de la concupiscence. Le buisson où descend la rosée, est la Vierge qui devient féconde, et l'aire qui reste sèche autour est la virginité demeurée intacte. La pierre détachée de la montagne sans le secours d'un bras c'est Jésus-Christ naissant d'une Vierge qu'aucune main n'a touché. Ainsi s'exprime Honorius d'Autun dans le Speculum Ecclesiæ. M. Male pense que les artistes de Laon, de Saint-Quentin et d'Amiens avaient lu ce texte et s'en sont inspiré.—(Note du Traducteur.)
[297]Saint Luc, I, 13.—(Note du Traducteur.)
[298]Saint Matthieu, I, 20.—(Note du Traducteur.)
[299]Saint Luc, I, 61.—(Note du Traducteur.)
[300]Saint Luc, I, 61.—(Note du Traducteur.)
[301]Saint Luc, I, 63.—(Note du Traducteur.)
[302]Mise en scène d'une légende rapportée par tous les auteurs du moyen âge. Jésus en arrivant dans la ville de Solime fit choir toutes les idoles pour que s'accomplît la parole d'Isaïe. «Voici que le Seigneur vient sur une nuée et tous les ouvrages de la main des Égyptiens trembleront à son aspect» (Voir Male, p. 283, 284).—(Note du Traducteur.)
[303]«À la façade d'Amiens, on voit sous les pieds de la statue d'Hérode, devant qui les rois mages comparaissent, un personnage nu que deux serviteurs plongent dans une cuve. C'est le vieil Hérode qui essaie de retarder sa mort en prenant des bains d'huile: «Et Hérode avait déjà soixante-quinze ans et il tomba dans une très grande maladie; fièvre violente, pourriture et enflure des pieds, tourments continuels, grosse toux et des vers qui le mangeaient avec grande puanteur et il était fort tourmenté; et alors, d'après l'avis des médecins, il fut mis dans une huile d'où on le tira à moitié mort» (Légende dorée). «Hérode vécut assez longtemps pour apprendre que son fils Antipater n'avait pas caché sa joie en entendant le récit de l'agonie de son père. La colère divine éclate dans cette mort d'Hérode... L'imagier d'Amiens a donc eu une idée ingénieuse en mettant sous les pieds d'Hérode triomphant le vieil Hérode vaincu; il annonçait l'avenir et la vengeance prochaine de Dieu» (Male, p. 283).
J'ai adopté la traduction adoucie de M. Male, n'osant pas reproduire la crudité de l'original. Le lecteur peut se reporter à la belle traduction de la Légende dorée par M. Téodor de Wyzewa, mais M. de Wyzewa ne donne pas le passage sur l'incendie du vaisseau des rois.—(Note du Traducteur.)
[304]«Comme Hérode ordonnait la mort des Innocents, il... apprit en passant à Tarse que les trois rois s'étaient embarqués sur un navire du port, et dans sa colère il fit mettre le feu à tous les navires, selon ce que David avait dit: «il brûlera les nefs de Tarse en son courroux» (Jacques de Voragine, Légende dorée, au jour des saints Innocents, 28 décembre).—(Note du Traducteur.)