«Nous servons quelque chère et triste image que nous nous sommes créée, pendant que nous désobéissons à l'appel présent du Maître qui n'est pas mort, qui ne défaille pas en ce moment sous sa croix, mais nous ordonne de lever la nôtre» (ce qui correspond exactement aux paroles de la Bible d'Amiens) «substituer l'idée de ses souffrances passées à celle de notre devoir présent». (Lectures on Art, II, § 56, 57, 58 et 59).—(Note du Traducteur.)
[308]«Jésus lui dit: Qu'est-ce qui est écrit dans la loi et qu'y lis-tu?»—Il répondit: «Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ta pensée et ton prochain comme toi-même. Et Jésus lui dit: «Tu as bien répondu; fais cela et tu vivras» (Saint Luc, X, 26, 27, 28).—(Note du Traducteur.)
[309]L'origine la plus authentique de la théorie du Purgatoire dans l'enseignement donné par l'art, se trouve dans les interprétations postérieures au XIIIe siècle, du verset: «par lequel aussi Il alla et prêcha parmi les âmes en prison», se transformant graduellement en l'idée de la délivrance, pour les saints dans l'attente, de la puissance du tombeau.
En littérature et en tradition, l'idée est à l'origine, je crois, Platonicienne, certainement pas Homérique, Égyptienne c'est possible, mais je n'ai encore rien lu des récentes découvertes faites en Égypte. N'aimant cependant pas laisser le sujet dans le dénuement absolu de mes propres ressources, j'ai fait appel à mon investigateur général M. Anderson (James R.) qui m'écrit ce qui suit:
»Il ne peut pas être question de la doctrine ni de son acceptation universelle, des siècles avant le Dante, il en est fait mention cependant d'une façon assez curieuse dans le Summa theologiæ, comme nous l'avons dans une version plus récente; mais je trouve par des références que saint Thomas l'enseigne ailleurs. Albertus Magnus la développe en grand, Si vous vous reportez à la Légende Dorée, au Jour de toutes les Âmes, vous y verrez comment l'idée est prise comme lieu commun dans un ouvrage destiné au peuple au XIIIe siècle. Saint Grégoire (le Pape) la soutient (Dial, IV, 38), dans deux citations scripturaires: (1), le péché qui n'est pardonné ni «in hoc seculo ni dans celui qui est à venir», (2) le feu qui éprouvera chaque œuvre de l'homme. Je pense que la philosophie Platonicienne et les mystères grecs doivent avoir eu fort à faire pour faire passer l'idée au début; mais chez eux—comme chez Virgile—elle faisait partie de la vision orientale de la circulation d'un fleuve de vie, dont quelques gouttes seulement étaient jetées par intervalle dans un Élysée permanent et défini ou dans un enfer permanent et défini. Cela s'accorde mieux avec cette théorie que ne le fait le système chrétien qui attache finalement dans tous les cas, une importance infinie aux résultats de la vie «in hoc seculo».
«Connaissez-vous une représentation du Ciel ou de l'Enfer qui ne soit pas liée au Jugement dernier, je ne m'en rappelle aucune, et comme le Purgatoire est à ce moment-là passé, cela expliquerait l'absence de tableaux le représentant.
«En outre le Purgatoire précède la Résurrection—il y a débat continuel entre les théologiens pour savoir quelle sorte de feu il peut y avoir au Purgatoire, qui puisse affecter l'âne sans toucher au corps.—Peut-être que le Ciel et l'Enfer—comme opposés au Purgatoire, parurent propres à être peints parce ils ne comportent pas seulement la représentation d'âmes mais aussi de corps s'élevant.
«Dans le récit de Bede de la vision du prophète Ayrshire, il est question du Purgatoire en termes très semblables à ceux de Dante dans la description du second cercle de tourbillons de l'Enfer; et l'ange qui finalement sauve l'Écossais du démon vient à travers l'Enfer, «quasi fulgor stellæ micantis inter tenebras» «que sul presso del mattino Per gli grossi vapor Marte rosseggia.» Le nom de Bede fut grand au moyen âge. Dante le rencontre dans le Ciel, et, j'aime à l'espérer, peut avoir été aidé par la vision de mon compatriote qui vivait plus de six cents ans avant lui.—(Note de l'Auteur.)
[310]Comparez avec le Monastère lettré, artiste et doux de Saint-Jérôme, où les murs sont peints à fresque, dans la citation de Saint Mark's Rest, que j'ai donnée pages 222, 223, 224.—(Note du Traducteur.)
[311]Ruskin dit ici «les pierres d'Amiens» comme autrefois il avait dit les pierres de Venise. Il a dit aussi dans Prœterita: «Si le jour où je frappai à sa porte le portier de la Scuola san Rocco ne m'avait pas ouvert, j'aurais écrit les Pierres de Chamounix au lieu des Pierres de Venise.»—(Note du Traducteur.)