1911


TABLE DES MATIÈRES

Chapitre I. [Les sources de la Wandel]
Chapitre II. [Herne Hill.—Les amandiers en fleur]
Chapitre III. [Les rives de la Tay]
Chapitre IV. [Sous de nouveaux maîtres]
Chapitre V. [Le Parnasse et le Plynlimmon]
Chapitre VI. [Schaffhouse et Milan]
Chapitre VII. [Papa et maman]
Chapitre VIII. [Vester, Camenæ]
Chapitre IX. [Le col de la Faucille]
Chapitre X. [Quem tu, Melpomène]
Chapitre XI. [Le chœur de Christ Church]
Chapitre XII. [La chapelle de Roslyn]
Chapitre XIII. [Majorité]
Chapitre XIV. [Rome]
Chapitre XV. [Cumæ]
Chapitre XVI. [Fontainebleau]


INTRODUCTION

Voici un livre qui fera mieux aimer Ruskin à ceux qui l'aiment et qui le rendra encore un peu plus antipathique aux autres. Car il y a mis plus de lui-même que dans ses grands ouvrages. C'est toute une vie, ou du moins toute une jeunesse racontée par le vieillard qui l'a vécue, ce sont les choses passées de cette vie: Præterita...

Ce récit fut commencé en 1882, sur les instances d'un ami de Ruskin, le professeur américain Charles-Eliot Norton: il ne fut jamais fini. Ruskin l'écrivait morceau par morceau, luttant contre le mal cérébral qui le minait. Une première atteinte en 1876, d'autres en 1881, en 1882 et en 1885, l'avaient brisé, semblait-il. Il passait pour fou. Mais, dans les intervalles de cette folie qui n'était que de l'anémie, c'est-à-dire dans les brefs regains de force célébrale, il se remettait à la besogne. Il suscitait des travaux chez ses jeunes confrères, éditait leurs œuvres, faisait de nouveaux plans de réforme sociale, enfin il racontait sa vie. Pendant l'été de 1889, étant à Seascale, sur la côte de Cumberland, il crut bien qu'il pourrait terminer cette autobiographie. Il avait résolu de la poursuivre jusqu'à ce qu'elle fût parvenue à l'année 1875. Il n'avait plus que neuf chapitres à écrire, mais ses forces d'attention baissaient de jour en jour. Il lui fallut s'avouer à lui-même que la période active de son existence touchait à son terme. Il regagna sa petite habitation de Brantwood, dans les bois, sur le lac de Coniston, et entra dans ce repos du corps qui devait durer onze ans avant que commençât enfin, pour lui, ce que les croyants appellent «le repos de l'âme». Præterita demeura donc inachevé, comme ces portraits qu'on trouve dans l'atelier d'un maître, après sa mort, posés sur le chevalet, entourés de tout ce qui sert à les faire, avec le charme d'un secret dont la clef a été emportée bien loin.