[184]Cf., dans la Bible, la Vallée de Bénédiction (II Chroniques, XX, 26), la vallée de Destruction (Joel, II, 14, etc.). Mais l'allusion est ici bien plus directe, à la vallée symbolique que doit traverser Chrétien, dans le Pilgrims progress du chaudronnier Bunyam. Tout est allégorie (un homme perfide, Sagesse mondaine, un homme secourable, Évangéliste, tentent de perdre et de sauver Chrétien, tandis que Maniable s'embourbe dans le marais du Découragement, etc.) dans ce livre auquel Ruskin fait souvent allusion. (Note du traducteur.)

[185]Allusion au Paradis reconquis de Milton: «Comme des enfants ramassent des galets sur la grève.» D'où (nous dit la «Library Edition», cette parole de Newton qu'il «n'était qu'un enfant jouant sur le rivage de la mer et s'amusant après un galet d'un autre galet, des coquillages après les coquillages, tandis que le grand océan de vérité s'étendait au loin, inaccessible.» (Note du traducteur.)

[186]Allusion à Tennyson: «Dieu qui toujours vit et aime.» (Note du traducteur.)

[187]Prayer book.

[188]Ces préceptes, Ruskin ne les a peut-être trouvés que dans son intelligence, ils sont plus émouvants pour nous qui les avons vu vivre, qui les avons recueillis sacrés et vivants ayant traversé des générations en passant d'une pensée à une autre pensée (de la pensée de la mère éducatrice à la fille éduquée) ou ils s'incorporaient, s'assimilaient, dirigeant et modifiant les fonctions de la vie spirituelle. Nous les avons recueillis dans le cœur infiniment pur, dans l'intelligence infiniment noble de femmes qui avaient été élevées d'après eux par des mères trop pures aussi pour craindre le mal pour elles-mêmes ou pour leurs filles, trop élevées d'esprit pour ne pas craindre la frivolité. Il y eut ainsi, à un certain moment, dans certaines familles de la bourgeoisie française, une sorte d'ardente religion de l'intelligence transmise à leurs filles par des mères qui ne redoutaient pour elle qu'un contact dangereux, celui de la vulgarité. Des mots crus que pouvait renfermer Molière, des situations hardies que pouvait renfermer George Sand, on n'en avait cure, la mère sachant que sa fille n'y songerait même pas. L'absence de pudibonderie n'était que la sainte confiance d'un cœur inaccessible aux curiosités malsaines, qui ne se disait même pas qu'il y était inaccessible, car il ne pouvait les concevoir. Par de telles mères, des femmes furent élevées dont la puissance intellectuelle et la grandeur morale ne furent jamais dépassées. On ne peut s'empêcher de le dire en retrouvant, en reconnaissant ici ces mots bénis qui avaient dirigé leur jeunesse, écarté d'elles la frivolité, entretenu en elles, avec une simplicité délicieuse, le feu sacré. (Note du traducteur.)

[189]M. de Montesquieu disait d'un jeune artiste qui, depuis, l'avait payé d'ingratitude: «Moi qui l'ai taillé comme un if!»

[190]Wordsworth. Je crois que j'ai donné dans une note de la traduction de la Bible d'Amiens des extraits (à propos de la cathédrale de Chartres) du chapitre de Val d'Arno intitulé: Franchise. À la fin de ce chapitre Ruskin cite ces vers de Wordsworth et associe l'idéal féminin qu'ils évoquent à la Libertas de la cathédrale de Chartres, à la Débonnaireté de Westminster, à la Diana Vernon de Scott, à Antigone et à Alceste, pour les opposer toutes à une moderne danseuse de cancan, à la «Liberté selon Stuart Mill et Victor Hugo». (Note du traducteur.)

[191]«Nous avons convenu avec la marquise que, chaque fois que je serais de trop au salon, elle me dirait: «Je crois que la pendule retarde.» (Lettre de Mlle de Saint-Geneix, dans le marquis de Villemer, cité de mémoire.) Mais la marquise de Villemer était intelligente et bonne. Je connais en revanche des gens qui se croient très élégants et d'une culture raffinée, qui ont prié le professeur de français de leur fille, personne tout à fait remarquable, de passer par l'escalier de service dans l'après-midi «pour ne pas rencontrer les visites». (Note du traducteur.)

[192]«Jeanne d'Arc», d'après l'histoire de France de M. Michelet. Œuvres de Quincey, vol. III, p. 217. (Note de l'auteur.)

[193]Psaume CXX. (Note du traducteur.)