[214]Tennyson, Maud.
[215]L'Union pour l'action morale dit «avec l'essor d'un clocher béni», ce qui est très acceptable; j'invoque en faveur du sens que j'ai adopté, non d'ailleurs sans hésitation, l'autorité de M. de la Sizeranne. (Cf. La Religion de la Beauté, p. 148.) (Note du traducteur.)
[216]Ces vers de Maud sont cités par Ruskin comme exemple «exquis» de «mensonge pathétique» dans le chapitre de Modern Painters qui porte ce titre (volume III). (Note du traducteur.)
[217]Cantique des Cantiques, II, 15. (Note du traducteur.)
[218]Saint Jean, XX, 15. Ruskin a fait des mêmes versets un bel usage dans Fors Clavigera: «Rappelez-vous seulement des jours où le Sauveur des hommes apparut aux yeux humains, se levant du tombeau pour rendre manifeste son immortalité. Vous pensiez sans doute qu'il était apparu dans sa gloire, d'une surnaturelle et inconcevable beauté? Il apparut si simple dans son aspect, dans ses vêtements, que celle qui, de toute la terre, pouvait le mieux le reconnaître, l'apercevant à travers ses larmes, ne le reconnut pas. Elle le prit pour «le jardinier». (Fors Clavigera, lettre XII). Comparez Victor Hugo, la fin de Satan: «Madeleine croira que c'est le jardinier.» (Note du traducteur.)
[219]Genèse, III, 24. Voir une belle application de ce texte dans Modern Painters: «Et il mit à l'orient du jardin un chérubin à l'épée flamboyante.»—«Ces flammes sont-elles inextinguibles et vraiment ne peut-on plus passer à travers les portes qui gardent le chemin? Ou plutôt n'est-ce pas que nous ne désirons plus y entrer?... Tant que nous aimerons mieux combattre notre prochain que nos fautes, etc.; en vérité l'épée flamboyante se mettra en travers de tout chemin et les portes de l'Eden resteront fermées, jusqu'au jour où nous aurons rentré au fourreau les pointes plus enflammées encore de nos passions, etc.» (Modern Painters, partie VI, § 51.) (Note du traducteur.)
[220]Allusion à saint Luc, IX, 58: «Mais Jésus lui répondit: Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel des nids, mais le Fils de l'Homme n'a pas où reposer sa tête.» Comparez avec la Couronne d'Olivier sauvage: «ces Chasses gardées grâce auxquelles... a été réalisé mot à mot ou plutôt en fait dans la personne de Ses pauvres ce que leur Maître disait de lui-même, que les renards et les oiseaux avaient des demeures, mais que Lui n'en avait point.» (Conférence I, Le Travail.) (Sur le même verset encore, voir Eagles Nest.) Avec cette ingéniosité merveilleuse qui, commentant les Évangiles à l'aide de l'histoire et de la géographie (histoire et géographie d'ailleurs forcément un peu hypothétiques), il donne aux moindres paroles du Christ un tel relief de vie et semble les mouler exactement sur des circonstances et des lieux d'une réalité indiscutable, mais qui parfois risque par là-même d'en restreindre un peu le sens et la portée, Renan, dont il peut être intéressant d'opposer ici la glose à celle de Ruskin, croit voir dans ce verset de saint Luc comme un signe que Jésus commençait à éprouver quelque lassitude de sa vie vagabonde. (Vie de Jésus, page 324 des premières éditions.) Il semble qu'il y ait dans une telle interprétation, retenu sans doute par un sentiment exquis de la mesure et une sorte de pudeur sacrée, le germe de cette ironie spéciale qui se plaît à traduire, sous une forme terre à terre et actuelle, des paroles sacrées ou seulement classiques. L'œuvre de Renan est sans doute une grande œuvre, une œuvre de génie. Mais par moments on n'aurait pas beaucoup à faire pour voir s'y esquisser comme une sort de Belle Hélène du Christianisme. (Note du traducteur.)