Aux coussins de byssus, dans la pourpre des lits,
Sans bruit, parfois un corps de marbre rose ou d'ambre
Ou se soulève à peine ou s'allonge ou se cambre
Le lin voluptueux dessine de longs plis.
Sentant à sa chair nue errer l'ardent effluve,
Une femme d'Asie, au milieu de l'étuve,
Tord ses bras énervés en un ennui serein;
Et le pâle troupeau des filles d'Ausonie
S'enivre de la riche et sauvage harmonie
Des noirs cheveux roulant sur un torse d'airain.
Tranquillus
C. Plinii Secundi Epist. Lib. I, Ep. XXIV.
C'est dans ce doux pays qu'a vécu Suétone;
Et de l'humble villa voisine de Tibur,
Parmi la vigne, il reste encore un pan de mur,
Un arceau ruiné que le pampre festonne.
C'est là qu'il se plaisait à venir, chaque automne,
Loin de Rome, aux rayons des derniers ciels d'azur,
Vendanger ses ormeaux qu'alourdit le cep mûr.
Là sa vie a coulé tranquille et monotone.
Au milieu de la paix pastorale, c'est là
Que l'ont hanté Néron, Claude, Caligula,
Messaline rôdant sous la stole pourprée;
Et que, du fer d'un style à la pointe acérée
Égratignant la cire impitoyable, il a
Décrit les noirs loisirs du vieillard de Caprée.
Lupercus