—Je dis qu’un caïman est pris là, affirma Léon qui enfonçant dans l’eau le manche de la ligne ajouta:

—Écoutez ce son? ce n’est pas le sable, c’est la peau, la peau épaisse, l’épaule du caïman. Voyez le mouvement des roseaux! c’est lui qui se démène car il est enroulé sur lui-même, attendez... il est grand: son corps mesure une palme au plus de large.

—Que faire? demanda-t-on.

—Le prendre! dit une voix.

—Jésus! et qui le prendra?

Personne ne s’offrait à descendre dans l’abîme. L’eau était profonde.

—Nous devrions l’attacher à notre barque et le traîner en triomphe, dit Sinang; il a mangé nos poissons à notre place!

—Je n’ai pas encore vu de caïman vivant! murmura Maria Clara.

Le pilote se levant, prit une longue corde et monta agilement sur l’espèce de plate-forme. Léon lui céda la place.

Excepté Maria Clara, personne jusqu’alors ne l’avait regardé; maintenant on admirait sa svelte stature.