A la grande surprise de tous et malgré les cris, il sauta dans la resserre.

—Emportez ce couteau! lui cria Crisóstomo en tirant une large lame de Tolède.

Mais déjà l’eau un instant troublée redevenait calme et l’abîme se fermait mystérieux.

—Jésus, Marie, Joseph! criaient les femmes. Nous allons avoir un malheur!

—Ne craignez rien, señoras, leur disait le vieux marinier; s’il y a quelqu’un dans la province qui puisse en venir à bout, c’est lui.

—Comment s’appelle ce jeune homme? demanda quelqu’un.

—Nous l’appelons le Pilote: c’est le meilleur que j’ai vu; seulement il n’aime guère le travail.

L’eau s’agitait; il semblait que dans les profondeurs un combat se fût engagé. Tous se taisaient, contenaient leur respiration. Ibarra, d’une main convulsée, serrait la poignée de son couteau aigu.

La lutte semblait prendre fin. La tête du jeune homme apparut, saluée de cris joyeux; les yeux des femmes étaient pleins de larmes.

Il grimpa sur la plate-forme, tenant d’une main l’extrémité de la corde, puis il tira fortement.