—Mais je croyais, continua le P. Salvi avec une certaine ironie, que vous étiez au courant du fait; je me disais qu’alférez de la garde civile...

Le militaire se mordit les lèvres et balbutia une excuse quelconque.

A ce moment, une femme pâle, maigre, misérablement vêtue, apparut comme un spectre; personne ne l’avait vue venir, car elle s’avançait silencieuse et faisait si peu de bruit que, la nuit, on l’eût prise pour un fantôme.

—Donnez à manger à cette pauvre femme! disaient les vieilles dames; hé! venez ici!

Continuant son chemin, elle s’approcha de la table où était le curé; celui-ci tourna la tête, la reconnut et le couteau lui tomba de la main.

—Donnez à manger à cette femme! ordonna Ibarra.

—La nuit est obscure et les enfants disparaissent! murmurait la malheureuse.

Mais à la vue de l’alférez qui lui adressait la parole, elle prit peur et se mit à courir, disparaissant entre les arbres.

—Qui est-ce? demanda-t-on.

—Une malheureuse qui est devenue folle à force de craintes et de douleurs! répondit D. Filipo; il y a quatre jours qu’il en est ainsi.