—Señores, je disais ceci parce que le señor Ibarra vit encore, tandis que moi, si je n’avais pas été écrasé, je serais mort de peur.

Mais déjà Ibarra était parti s’informer de Maria Clara.

Que cela n’empêche pas la fête de continuer, señor de Ibarra! disait l’Alcalde; Dieu soit loué! Le mort n’est ni prêtre, ni espagnol! Il n’y a qu’à fêter votre salut! Songez donc si la pierre était tombée sur vous!

—Il avait des pressentiments! s’écriait le notaire, je le disais; le señor Ibarra ne descendait pas avec plaisir. Je le voyais bien!

—Ce n’est qu’un indien qui est mort!

—Que la fête continue! Allons, la musique! la tristesse ne ressuscite pas les morts! Capitan, que l’on fasse l’enquête...! Faites venir le directorcillo!... Arrêtez le chef de chantier!

—Faut-il le mettre aux ceps?

—Oui, aux ceps! Eh! musique, musique! Aux ceps le chef de chantier!

—Señor Alcalde, fit observer Ibarra avec gravité, si la tristesse ne doit pas ressusciter le mort, l’emprisonnement d’un homme dont la culpabilité ne nous est pas prouvée fera moins encore. Je me porte garant de sa personne et demande sa liberté, au moins pour ces journées de fête.

—Bien! bien! mais qu’il ne recommence pas!