L’alférez prit son casque, répara un peu le désordre de sa toilette et sortit à grands pas, mais, au bout de quelques minutes, il revint sans faire le moindre bruit, ayant retiré ses bottes. Les domestiques, accoutumés à ce spectacle, ne s’émouvaient guère, mais les bottes retirées constituaient une nouveauté qui appela leur attention; ils se regardèrent en clignant de l’œil.

L’officier s’assit sur une chaise, près de la sublime porte et, patiemment, attendit plus d’une demi-heure.

—Es-tu sorti pour de bon ou es-tu ici, bouc? demandait la voix de temps en temps, changeant d’épithètes mais criant toujours plus fort.

Enfin, elle commença à retirer peu à peu les meubles; il écoutait et souriait. Elle appela l’ordonnance:

—Le señor est-il sorti?

Sur un signe de l’alférez, celui-ci répondit:

—Oui, señora, il est sorti.

Elle se mit à rire joyeusement et tira le verrou.

Très doucement, l’alférez se leva; la porte s’entr’ouvrit...

On entendit un cri, le bruit d’un corps qui tombait, des jurons, des hurlements, des malédictions, des coups, des voix étranglées... Qui pourrait décrire ce qui se passa là dans l’obscurité?