—Lâche! lui cria-t-elle, tu n’oses pas t’approcher.
Et pour mettre le comble à son exaspération, elle cracha à terre. Aveugle, hurlant de rage, il s’élança mais avec une rapidité surprenante elle lui fit une croix sur la figure avec deux coups de fouet puis, se sauvant brusquement, s’enferma dans sa chambre dont elle tira violemment la porte. Rugissant de colère et de douleur l’alférez la poursuivit, mais il se heurta contre la porte qu’il frappa du poing et du pied, proférant d’épouvantables jurons.
—Maudite soit ta descendance, truie! Ouvre, p— p—, ouvre ou je te brise le crâne! hurlait-il.
Da. Consolacion ne répondait pas. On entendait un remuement de chaises et de coffres comme si elle avait voulu élever une barricade de meubles. La maison tremblait sous les coups de pied et les cris de son mari.
—N’entre pas, n’entre pas! disait la voix aigre de la mégère, si tu te montres, je fais feu.
Lui, peu à peu, paraissait se calmer; il se promenait en long et en large comme un fauve en cage.
—Sors, va te rafraîchir la tête! continua moqueuse la femme qui semblait avoir terminé ses préparatifs de défense.
—Je te jure que si je t’attrape, personne, même Dieu, ne te reverra plus!
Et ce fut une bordée d’injures.
—Va! tu peux dire ce que tu voudras...! Tu n’as pas voulu que j’aille à la messe? tu ne m’as pas laissée accomplir mes devoirs envers Dieu! disait-elle de ce ton sarcastique où elle excellait.