L’alférez ne répondit pas; il appela l’ordonnance.

—Emmène cette femme, dit-il, que la Marta lui donne une autre chemise et la soigne! Tu la feras bien manger, tu lui donneras un bon lit... Fais attention qu’elle soit bien traitée! Demain on la conduira chez le señor Ibarra!

Puis il ferma soigneusement la porte, poussa le verrou et s’approcha de sa femme.

—Tu veux que je te brise? lui dit-il en serrant les poings.

—Qu’est-ce qui te prend? demanda-t-elle en se levant et reculant un peu.

—Ce qui me prend? cria-t-il d’une voix de tonnerre, avec un blasphème, voilà ce qui me prend.

Et il lui montra un papier rempli de pattes de mouche plus ou moins mal alignées.

—N’as-tu pas écrit cette lettre à l’Alcalde en lui disant que l’on me payait pour que je permette le jeu, p—? je ne sais comment je ne t’écrase pas!

—Voyons, voyons, si tu l’oses! lui dit-elle avec un rire moqueur, celui qui m’écrasera sera un autre mâle que toi!

Il entendit l’insulte, mais il vit le fouet. Il prit une assiette sur une table et lui lança à la tête; mais la femme accoutumée à ces luttes se baissa rapidement, l’assiette vola en éclats contre le mur; une tasse, puis un couteau la suivirent.