—Señor Ibarra, par grâce! maintenez-les tandis que je vais chercher les cuadrilleros.
—Que puis-je faire? demanda le jeune homme perplexe; mais déjà le lieutenant était loin.
A son tour, Ibarra regarda autour de lui, cherchant quelqu’un sans savoir qui. Par bonheur, il crut distinguer Elias qui, impassible, assistait au mouvement. Ibarra courut à lui, le prit par le bras et lui dit en espagnol:
—Pour Dieu! faites quelque chose si vous le pouvez, moi je ne puis rien.
Le pilote devait l’avoir compris, car il se perdit dans la foule.
On entendit de vives discussions, de rapides interjections, puis, peu à peu le groupe commença à se dissoudre, prenant une attitude moins hostile.
Il était temps, les soldats arrivaient armés, baïonnette au canon.
Pendant ce temps, que faisait le curé?
Le P. Salvi ne s’était point couché. Debout, le front appuyé contre les persiennes, il regardait vers la place, immobile, laissant échapper parfois un soupir comprimé. Si la lumière de sa lampe avait été moins basse, peut-être aurait-on pu voir ses yeux se remplir de larmes. Il passa ainsi une heure.
Le tumulte le surprit dans cette position. Etonné, il suivit des yeux les allées et les venues du peuple; les cris arrivaient confusément jusqu’à lui. Un domestique qui accourait à perdre haleine l’informa de ce qui se passait.