—Cent contre vingt, pour le blanc! cria quelqu’un en passant.

—Prêtez-nous quatre pesos ... trois ... deux, supplia le plus jeune; nous vous en rendrons le double; l’assaut va commencer.

José secoua de nouveau la tête.

—Tst! Cet argent n’est pas à moi, D. Crisóstomo me l’a donné pour ceux qui veulent le servir. Mais je vois que vous n’êtes pas comme votre père, il était courageux lui; que celui qui ne l’est pas ne cherche pas de diversions.

Et il s’éloigna d’eux, mais n’alla pas très loin.

—Acceptons, dit Bruno. Autant vaut être pendu que fusillé; nous autres pauvres ne servons guère à autre chose.

—Tu as raison, mais je pense à notre sœur.

Cependant le cercle est évacué par la foule, le combat va commencer. Le silence s’établit peu à peu, les deux soltadores et l’expert attacheur de navajas restent seuls au milieu du cercle. A un signal du sentenciador celui-ci sort les éperons d’acier de leurs gaînes et les fines lames brillent, menaçantes.

Les deux frères, tristes, silencieux, s’approchent du cercle et regardent, le front appuyé contre la barrière. Un homme s’approche et leur souffle à l’oreille:

Pare[8]! cent contre dix, je suis pour le blanc!