—Je te l’avais dit, murmura le plus grand, je te l’avais dit de ne pas risquer tout l’argent; si tu m’avais écouté nous aurions maintenant pour mettre sur le rouge!

Le plus petit s’approcha timidement de José et lui toucha le bras:

—C’est toi? s’écria celui-ci en se retournant et feignant la surprise! ton frère accepte-t-il ma proposition ou viens-tu parier?

—Comment voulez-vous que nous puissions parier puisque nous avons tout perdu.

—Alors vous acceptez?

—Il ne veut pas! Si vous pouviez nous prêter quelque chose, puisque vous dites que vous nous connaissez...

José secoua la tête, tira sa chemise et reprit:

—Oui, je vous connais; vous êtes Társilo et Bruno, tous deux jeunes et forts. Je sais que votre vaillant père est mort des cent coups de bâton que lui ont donnés ces soldats; je sais que vous ne pensez pas à le venger...

—Ne vous mêlez pas de notre histoire, interrompit Társilo, l’aîné; cela porte malheur. Si nous n’avions pas une sœur, il y a longtemps que nous serions pendus!

—Pendus? On ne pend que les lâches, ceux qui n’ont ni argent ni protection. Et d’ailleurs, la montagne n’est pas si loin.