—Frère, dit Bruno, j’y vais si tu ne te décides pas; la ley[10] continue, le lásak doit gagner et nous ne devons laisser perdre aucune occasion. Je veux parier à la prochaine soltada; qui donne le plus? C’est dit, nous vengerons le père.

—Attends! lui dit Társilo qui le regarda fixement dans les yeux—tous deux étaient pâles;—je vais avec toi, tu as raison: nous vengerons le père.

Il s’arrêta cependant et de nouveau s’essuya le front.

—Qu’attends-tu? demanda Bruno impatient.

—Sais-tu quelle est la soltada qui suit? vaut-elle la peine?...

—Comment! tu n’as pas entendu? Le búlik de Capitan Basilio contre le lásak dé Capitan Tiago; selon la loi du jeu c’est le lásak qui doit gagner.

—Ah, le lásak! moi aussi je parierais... mais assurons-nous en d’abord.

Bruno fit un geste d’impatience, mais suivit son frère; celui-ci examina bien le coq, l’analysa, réfléchit, posa quelques questions; le malheureux avait des doutes; Bruno nerveux le regardait avec colère.

—Mais, ne vois-tu pas cette large écaille ici, près de l’éperon? et ces pattes? que veux-tu de plus? Regarde ces jambes, étends ces ailes! Et cette écaille qui prend sur cette large là, vois, elle est double!

Társilio ne l’entendait pas, il continuait son examen de l’animal; le bruit de l’or et de l’argent arrivait à ses oreilles.