Et le curé lança un regard vers Maria Clara qui écoutait de toutes ses oreilles, mais ne quittait pas des yeux son cahier de musique, malgré les pinçons de Sinang qui exprimait ainsi son allégresse: si elles avaient été seules elle aurait dansé.
—Le P. Dámaso...? demanda Linares.
—Oui, le P. Dámaso a dit, continua le curé sans perdre de vue Maria Clara, que, comme parrain, il ne pourrait permettre... mais enfin, je crois que, si le Sr. Ibarra lui demande pardon, tout s’arrangera.
Maria Clara se leva, proféra une excuse et, accompagnée de Victoria, se retira dans sa chambre.
—Et, si le P. Dámaso ne lui pardonne pas? demanda Capitan Tiago à voix basse.
—Alors,... Maria Clara verra... le P. Dámaso est son père... spirituel; mais je crois qu’ils s’entendront.
Un bruit de pas se fit entendre, Ibarra entra, suivi de la tante Isabel; son entrée produisit une impression toute particulière, différente pour chacune des personnes présentes. Il salua avec affabilité Capitan Tiago qui ne savait s’il devait sourire ou pleurer, puis s’inclina profondément devant Linares. Le P. Salvi, lui, se leva et tendit la main à Ibarra si affectueusement que celui-ci ne put contenir un regard de surprise.
—Ne soyez pas étonné, dit le prêtre, à l’instant même je faisais votre éloge.
Ibarra remercia et s’approcha de Sinang.
—Où as-tu été toute la journée? lui demanda-t-elle dans son enfantin babil; nous nous interrogions et nous disions: Où aura pu aller cette âme rachetée du Purgatoire? Et chacune de nous disait son avis.