—Ne partez pas; Maria Clara va venir, Isabel est allée la chercher. J’attends aussi le nouveau curé de son pueblo; c’est un saint.

—Je ne puis rester plus longtemps, je dois faire aujourd’hui une très importante visite; demain, je viendrai avant de partir.

Et il s’en alla. Entre temps, le franciscain exhalait sa bile:

—Avez-vous vu, disait-il au jeune blond tout en jouant avec le couteau à confitures, avez-vous vu cet orgueil! Ces jeunes gens se croient des personnages, ils ne peuvent tolérer qu’un prêtre les reprenne. Voilà ce que l’on gagne à les envoyer en Europe: le gouvernement devrait interdire ces voyages.

Cette même nuit, le jeune blond ajoutait, entre autres remarques, à ses «Etudes coloniales» le chapitre suivant: «Comment un cou et une aile de poulet dans l’assiette de tinola d’un moine peuvent troubler la gaieté d’un festin» et, parmi ses observations, se trouvaient celles-ci: «Aux Philippines, la personne la plus inutile dans une fête ou dans un dîner est celle qui invite: on peut commencer par mettre à la porte le maître de la maison et tout va bien.—Dans l’état actuel des choses, c’est presque un bien de ne pas laisser un Philippin sortir de son pays et de ne pas apprendre à lire aux indigènes.»


[1] Dans le dialecte de Cavite et des Indiens de Manille appelé español de cocina (de cuisine), ces mots signifient: Il dit qu’il ne veut pas et précisément c’est ce qu’il désire.—N. des T.

[2] Les Philippins illettrés changent d’ordinaire le n en ñ (gn liés).—N. des T.

[3] Pour donner une idée de la façon dont les Chinois prononcent les langues européennes, il suffit d’indiquer que le mot Pidgin n’est autre que le mot anglais Business; le Pidgin-English, c’est l’anglais des affaires, la langue commerciale.—N. des T.