—Ne savez-vous donc rien?
—J’ai interrogé D. Santiago, mais il ne veut pas me répondre avant demain. Si par hasard vous connaissez son sort, dites-le moi!
—Certainement, je le connais, comme tout le monde!... Votre père est mort en prison.
Le jeune homme recula d’un pas; son regard fixa le lieutenant.
—En prison? qui est mort en prison?
—Votre père! répondit le vieux soldat, non sans quelque surprise.
—Mon père!... en prison?... que dites-vous? savez-vous qui était mon père? êtes-vous...? et Crisóstomo saisit le bras du vieillard.
—Il me semble que je ne me trompe pas, reprit celui-ci, il s’agit bien de D. Rafael Ibarra?
—Oui, D. Rafael Ibarra... put à peine articuler le jeune homme défaillant.
—Je croyais que vous saviez tout! murmura le militaire plein de compassion, devinant ce qui se passait dans l’âme d’Ibarra. Je supposais que vous... mais quoi! vous avez du courage? Ici on ne peut être un honnête homme si l’on n’a pas été en prison.