Dans le ciel la lune brillait toujours majestueuse, la brise soufflait en soupirant dans les branches et, dans l’herbe, les grillons fredonnaient.
La nuit de lumière et de joie pour tant d’enfants qui, au foyer bien chaud de la famille, célèbrent la fête des plus doux souvenirs, la fête qui rappelle le premier regard d’amour que le ciel envoya à la terre, cette nuit où toutes les familles chrétiennes mangent, boivent, dansent, chantent, rient, jouent, aiment, s’embrassent... cette nuit qui, dans les pays froids, est magique pour l’enfance avec son traditionnel sapin chargé de lumières, de poupées, de bonbons, de bibelots que regardent éblouis ces yeux arrondis où se reflète l’innocence, cette nuit n’offrait à Basilio que la solitude et le deuil. Qui sait? Peut-être au foyer du taciturne P. Salvi des enfants jouent-ils, peut-être y chante-t-on
La Nochebuena vient
La Nochebuena s’en va...
L’enfant pleura et gémit beaucoup; quand il leva la tête, un homme était devant lui qui le contemplait en silence.
L’inconnu lui demanda à voix basse:
—Tu es le fils?
L’enfant affirma d’un signe de tête.
—Que penses-tu faire?
—L’enterrer.