Un autre éclair brilla, une veine de feu sillonna le ciel, laissant entendre un horrible éclat.

—Jésus! s’écria-t-il en se signant à son tour.

En effet, à la lueur brillante du météore, il avait vu une figure blanche, debout, presque sur le faîtage du toit, les bras et la figure dirigés vers le ciel comme pour l’implorer. Le ciel répondait par ses éclairs et son tonnerre! Après le coup de tonnerre on entendit une triste plainte.

—Ce n’est pas le vent, c’est le fantôme! murmura le soldat comme répondant à la pression de mains de son compagnon.

—Ay! ay! ce cri traversait l’air, dominant le bruit de la pluie; le vent ne pouvait couvrir de ses sifflements cette voix douce et plaintive, pleine de désespoir.

Un autre éclair brilla avec une intensité éblouissante.

—Non, ce n’est pas un fantôme! s’écria le distinguido, je l’ai vue autrefois; elle est belle comme la Vierge... Allons-nous en d’ici!

Le soldat ne se fit pas répéter l’invitation et tous deux disparurent.

Qui donc gémit ainsi au milieu de la nuit, malgré le vent, la pluie et la tempête? Qui, la timide vierge, l’épouse de Jésus-Christ; elle défie les éléments déchaînés et choisit la nuit redoutable et le libre ciel pour, d’une hauteur périlleuse, exhaler ses plaintes à Dieu? Le Seigneur aurait-il abandonné son temple dans le couvent, n’écouterait-il plus les supplications? Les voûtes saintes ne laisseraient-elles pas les soupirs de cette âme monter jusqu’au trône du Très-Miséricordieux?

La tempête hurla furieuse presque toute la nuit; pas une étoile ne brilla; les cris désespérés, mêlés aux soupirs du vent continuèrent, mais la nature et les hommes étaient sourds; Dieu s’était voilé, il n’entendait pas.