Entre temps, Capitan Tiago achevait sa conférence avec le P. Dámaso ou, pour mieux dire, venait de recevoir ses ordres.

—Et maintenant tu es averti! disait le franciscain en s’en allant. Tout cela aurait pu être évité si tu m’avais consulté auparavant, si tu ne m’avais pas menti quand je t’ai demandé ce qu’il en était. Tâche de ne plus faire de bêtises et aie confiance en son parrain!

Capitan Tiago fit deux ou trois tours dans la salle, réfléchissant et soupirant. Puis, subitement, comme s’il lui était survenu une bonne pensée, il courut à l’oratoire et éteignit immédiatement les cierges et la lampe qu’il avait fait allumer pour la sauvegarde d’Ibarra.

—Il est encore temps et le chemin est bien long! murmura-t-il.


[1] Palais du Capitaine général des Philippines.—N. des T.

X

Le pueblo

Presque sur les rives du lac, au milieu de prairies et de rivières, est le pueblo de San Diego[1]. Il exporte du sucre, du riz, du café, des fruits ou bien vend à bas prix ces marchandises à quelque Chinois qui exploite la simplicité ou les vices des paysans.