Puis il sortit de l’église, non sans avoir regardé avec pitié les deux pauvres gamins qui montaient les escaliers.
Tasio se frotta les yeux, regarda une autre fois le ciel et murmura:
—Maintenant, je serais désolé que la foudre tombât.
Et, la tête basse, il s’en alla pensif vers les alentours de la bourgade.
—Entrez-vous un instant? lui dit en espagnol un homme accoudé à une fenêtre.
Le philosophe leva la tête et vit une figure, paraissant âgée de trente à trente-cinq ans, qui lui souriait.
—Que lisez-vous là? demanda Tasio en montrant un livre que l’homme tenait à la main.
—C’est un livre d’actualité: Les peines que souffrent les âmes bénies du Purgatoire! répondit l’autre toujours souriant.
—Hombre, hombre, hombre! s’écria le vieillard sur des tons de voix différents, et il entra dans la maison; l’auteur doit être un homme bien malin.
En haut de l’escalier, il fut reçu amicalement par le maître de la maison et sa jeune femme. Lui s’appelait D. Filipo Lino et elle Da. Teodora Viña. D. Filipo était le lieutenant principal des cuadrilleros[1] et le chef d’un parti presque libéral, si l’on peut lui donner ce nom, et s’il est possible qu’il y ait des partis dans les pueblos des Philippines.