Ut non alia subesse possit dubilatio de Joanne Lerond, dixit idem prosyndicus, juvenem illum in collegio Mazarineo a pluribus annis magna cum laude studere, omnibusque magistris esse notissimum, praesertim ipsi amplissimo rectori, et M. Geoffroy philosophiae professori, quorum lectiones exceperit, et sibi ipsi qui eum habuerit discipulum, caeteris longe antecellentem, ita ut nullus sit dubitandi locus quin juvenis qui se inscripsit Joannem Baptistum Ludovicum Daremberg idem sit qui nunc postulat inscribi se Joannem Lerond.
Quelle est l'origine de ce nom de Daremberg? Pourquoi la famille de Destouches voulait-elle le lui imposer? Pourquoi Jean Lerond, comme par une transaction, adoptait-il trois ans plus tard celui de d'Alembert, qu'il a rendu illustre? Ces questions paraissent insolubles.
Je proposerai une remarque au moins singulière.
L'anagramme de
BATISTE LEROND
est
D'ALENBERT, SOIT.
Il n'est pas impossible que le jeune géomètre, familier avec la théorie des permutations, ait tourné lui-même cette inversion assez conforme aux habitudes de l'époque. Quoi qu'il en soit, dans la famille Destouches on le nommait dès l'enfance le chevalier Daremberg.
Les Archives nationales possèdent l'inventaire après décès de Michel-Camus Destouches, commissaire général de l'artillerie, frère et héritier du père de d'Alembert. On y lit:
«Item, une autre liasse contenant seize pièces qui sont mémoires des fournitures faites par ledit deffunt Michel-Camus Destouches et payements par lui faits au chevalier d'Arembert, mineur, pour servir au compte des arrérages de la pension viagère de 1 200 livres par an à lui léguées par ledit deffunt Louis-Camus Destouches.»
Le testament de Louis-Camus Destouches, conservé dans l'étude de Me Robineau, notaire à Paris, porte d'autre part: «Je donne et lègue…………., plus au sieur Jean d'Arembert à présent en pension chez Bérée, faubourg Saint-Antoine, 1 200 livres de pension viagère, que je veux et entends qui lui soient régulièrement payées et par préférence à tous autres legs, en ayant touché les fonds de ceux à qui il appartient, et, s'il est encore en bas âge quand je mourrai, on lui nommera un tuteur ad hoc.»
Que signifient ces mots, en ayant touché les fonds de ceux à qui il appartient?