Le traité sur les accents renferme ce passage remarquable, où Dolet se fait le promoteur d’une réforme orthographique dont l’urgence a dû être contestée de son temps, mais qui, plus tard, a fini comme tant d’autres par passer à l’état de loi:

«Le e masculin (l’é fermé), en noms de plurier nombre, ne doibt recepvoir ung z, mais ung s, et doibt estre marcqué de son accent, tout ainsi qu’ung singulier nombre. Tu escriras doncq voluptés, dignités, iniquités, vérités; et non pas voluptez, dignitez, iniquitez, veritez... Car z est le signe de e masculin au plurier nombre des verbes de seconde personne; et ce, sans aulcun accent marcqué dessus. Exemple: Si vous aymez vertu, jamais vous ne vous addonnerez à vice, et vous esbatterez tousjours à quelcque exercice honneste... Sur ce propos, je sçay bien que plusieurs non bien congnoissants la virilité du son de l’e masculin, trouveront estrange que je repudie le z en ces mots: voluptés, dignités, et aultres semblables. Mais s’ilz le trouvent estrange, il leur procedera d’ignorance et maulvaise coustume d’escrire: laquelle il convient reformer peu à peu[107]

Le volume se termine par ce dizain de Sainte-Marthe, Au lecteur françoys:

Pourquoy es-tu d’aultruy admirateur,

Vilipendant le tien propre langage?

Est-ce (Françoys) que tu n’as instructeur,

Qui d’iceluy te remonstre l’usage?

Maintenant as, en ce, grand advantage,

Si vers ta langue as quelcque affection.

Dolet t’y donne une introduction