Lepore. Deinde gratulor

Feliciter per te ad polorum sidera

Sese erigenti gallicæ

Laudique gloriæque. Num me gaudio

Tunc exsilire æquum fuit,

Pulsis molestiis et ægritudine?

Macrine, debeo hoc tibi.

«Harcelé par une légion d’ennuis que je m’efforçais bravement de mettre en fuite, le hasard veut, cher Macrin, que je rende visite à Robert Estienne. Là, quelle faveur du sort! je tombe sur un volume de tes vers, encore chaud des étreintes de la presse; tu devines alors ma joie soudaine. D’abord je me sens ravi par la merveilleuse élégance de ton style et par cette grâce poétique inconnue même aux anciens; ensuite je m’applaudis de voir la gloire française s’élever jusqu’au ciel sous ton heureuse impulsion. Oh! mon ivresse était bien naturelle; un instant j’ai pu bannir mes chagrins, oublier mes angoisses, et c’est à toi, cher Macrin, que j’ai dû ce bonheur!»

Parmi tous ces compaings de notre Estienne, je n’aurai garde d’oublier un de ses plus célèbres confrères, l’imprimeur Jean de Tournes. Né à Lyon en 1504, mort de la peste, dans la même ville, en 1564, cet habile typographe avait fait, avant 1540, son apprentissage dans les doctes ateliers de Sébastien Gryphius, et c’est là sans doute qu’il connut Dolet. Comme preuve de la bonne amitié qui dès lors s’établit entre eux, je trouve dans les Poésies latines de celui-ci (II, 36) la pièce suivante, adressée ad Joannem Turnœum et Vincentium Piletum combibones suos (A Jean de Tournes et à Vincent Pilet, ses camarades de bouteille):

Ubi ubi locorum, Bacche, agas, huc fer pedem,