Cantique d’Estienne Dolet, prisonnier en la Conciergerie
de Paris, l’an 1546, sur sa désolation
et sur sa consolation.

Si au besoing le monde m’abandonne,

Et si de Dieu la volunté n’ordonne

Que liberté encores on me donne

Selon mon vueil;

Doibs-je en mon cueur pour cela mener dueil,

Et de regretz faire amas et recueil?

Non pour certain, mais au ciel lever l’œil

Sans aultre esgard.

Sus donc, esprit, laissés la chair à part,