Tristitia vitæ immunem te reddet ab omni:
Religionis amor veræ fert commoda tanta!
Ce que l’Avant-Naissance reproduit ainsi:
En premier lieu, ta foy ce poinct tiendra,
Qu’il est ung Dieu tout-puissant et unicque
En ses effectz; et si ce, sans replicque,
Tu crois par foy, et en luy ta fiance
Soit toute mise, ô Dieu! quelle asseurance!...
J’en viens, maintenant, à la question que s’est posée Maittaire, sans pouvoir ou sans vouloir la résoudre. Pourquoi les catholiques et les protestants du seizième siècle ont-ils, d’une voix presque unanime, taxé Dolet d’athéisme?
Je m’explique facilement cette imputation haineuse, de la part des premiers. Ce qu’ils détestaient dans le pauvre Estienne, ce n’était pas, au fond, le traducteur prétendu athée de l’Axiochus (l’accusation d’athéisme ne fut alors qu’un prétexte sournoisement saisi); c’était l’homme qui osait proclamer, avec suffisante probation des docteurs de l’Eglise, la nécessité de traduire les Sainctes Lettres en langue vulgaire, et mesmement en la françoyse; l’homme qui essayait d’introduire dans le sanctuaire, jusqu’alors fermé aux profanes, l’esprit d’indépendance et d’examen; l’homme qui prétendait donner à l’autorité de la parole divine la sanction de la liberté humaine; l’homme, enfin, qui voulait que l’on pût dire: Je pense! avant de s’écrier: Je crois!