Que l’on prononce entre Scaliger et Dolet[27]: c’est tout ce que je puis dire, car il me répugnerait de discuter sérieusement une critique formulée en termes semblables. Ce ne sera pas la dernière fois, du reste, que nous aurons à surprendre le gracieux Aristarque en flagrant délit de mensonge, d’injustice et d’animosité brutale.

[13] Simon Villanovanus latini sermonis puritatem, atque artem rhetoricam Doletum docuit.

«Simon de Villeneuve a enseigné à Dolet la pureté du style latin et l’art de la rhétorique.»

(Comment., t. I, col. 1178.)

[14] Carm., IV, 2.

[15] Et non Jean de Langeac, comme l’ont dit presque tous les biographes de Dolet, à l’exception du moins inexact, Née de la Rochelle. Voici la source de cette erreur:

Dolet nomme généralement ce personnage Langiacus, ou même Langiachus. Mais il est impossible que le Joannes Langiacus, dont il fut secrétaire à Venise, ne soit pas le Joannes Langiachus, episcopus Lemovicensis, dont il a raconté l’ambassade à la suite de son traité de Officio legati, 1541, in-4o. Le prétendu Jean de Langeac ne pouvait donc être évêque de Limoges en 1541, puisque alors Jean du Bellay en occupait le siége. Aussi, tout ce que Dolet adresse à Joanni Langiaco, doit-il s’entendre de Jean du Bellay-Langey, que l’historien de Thou appelle Joannes Bellaius Langæus.

Jean du Bellay, né en 1492, mort à Rome le 16 février 1560, «estoit, dit Brantôme, un des plus sçavans, éloquens, sages et advisés de son temps; un des plus grands personnages en tout, et de lettres et d’armes, qui fust». Il fut successivement évêque de Bayonne, de Paris, de Limoges, archevêque de Bordeaux, enfin, évêque du Mans. On parla même un instant de l’asseoir sur le trône pontifical, après la mort de Marcel II. Il était cardinal depuis 1535. C’est Jean du Bellay qui, joignant ses efforts à ceux du célèbre helléniste Budé, parvint à obtenir de François Ier la création du collège de France. Rabelais fit quelque temps partie de sa maison, en qualité de médecin.

[16] Baptistam Egnatium, quem Officia Ciceronis et Lucretium interpretantem Venetiis juvenis audivi.

«Battista Egnazio, dont je fus l’auditeur à Venise, dans ma jeunesse, à l’époque où il expliquait Lucrèce et le traité de Cicéron sur les Devoirs