Mors dabit sensu carere... Voilà probablement une des phrases qui ont dû faire traiter ce pauvre Dolet d’athée et de matérialiste. Mais a-t-on jamais eu le droit d’interpréter comme une conviction formelle le blasphème involontaire d’un cœur saignant et torturé? Le Christ lui-même, du haut de sa croix, ne s’est-il pas écrié dans une heure d’angoisse: Mon Dieu! mon Dieu! pourquoi m’as-tu abandonné?

[28] On en trouvera la preuve dans les lettres et les poésies qui suivent ses Orationes in Tholosam, p. 136 à 139 et 204.

[29] J’emprunte ce détail et ceux qui vont suivre au discours préliminaire de Simon Finetius, sur les Orationes Doleti in Tholosam.

[30] Doleti in Thol. orat. prima, p. 6 et 7.

[31] J’aurai souvent à parler de ce personnage dans le cours de mon travail, et je vais dès à présent le faire connaître à mes lecteurs.

Claude Cottereau naquit à Tours, au commencement du seizième siècle. Il s’acquit une grande réputation comme jurisconsulte, et, par la suite, ayant embrassé l’état ecclésiastique, obtint un canonicat à Notre-Dame de Paris, où il mourut vers 1560. Outre sa science du droit, il possédait à fond le grec, le latin et même l’hébreu.

Dans sa jeunesse, il avait composé l’ouvrage suivant:

De Jure et Privilegio militum libri tres, et de Officio imperatoris liber unus. «Du droit et privilége des soldats, trois livres; et du devoir du général, un livre.»

Il en confia le manuscrit à Dolet, qui l’imprima en 1539, in-fol., et le dédia, par une belle épître latine, au cardinal Jean du Bellay.

[32] Lettre de Simon Finet à Claude Cottereau (Simon Finetius Claudio Cotteræo salutem), en tête des Orationes duæ in Tholosam.