Le corps de ce Gryphe, mais
Non le los, non, non, jamais.
[57] Trompé sans doute par le nom latin Joannes Boyssonæus, Née de la Rochelle appelle ce personnage Jean Boyssonnée; mais, dans la correspondance qui suit les deux Discours contre Toulouse, il est appelé partout Joannes a Boyssone, que j’ai cru devoir traduire Jean de Boysson. C’est à Jean de Boysson que Dolet adresse le troisième livre de ses Poésies latines, et la première des pièces qui le composent. Rabelais le mentionne également dans son Pantagruel, III, 29.
Il paraît que ce Jean de Boysson eut aussi maille à partir avec les bonnes gens de Toulouse. «Je ne passerai pas sous silence, dit Estienne (Orat. II, p. 59), la conduite infâme des Toulousains envers Jean de Boysson, le plus estimable des hommes, mais atteint et convaincu de deux grands crimes, la science et la fortune. Les lâches délateurs qui dévoraient des yeux cette fortune, l’ont circonvenu de mille calomnies, au sujet de son prétendu manque de respect envers la religion. Innocent, ils l’ont fait condamner; ils lui ont extorqué une amende énorme.»
[58] «Je suis allé voir Sébastien Gryphius, écrivait quelque temps après notre Estienne à Jean de Boysson, et je l’ai salué de votre part; c’est un homme tout à fait serviable et bien digne de l’amitié des savants. Il a montré beaucoup de sensibilité quand je lui ai parlé du bonheur que vous aviez eu de recouvrer votre emploi.»
[59] Il lui dédie, en ces termes, le quatrième livre de ses poésies:
«Estienne Dolet à Sébastien Gryphius, salut.
«Dans le quatrième livre de mes Poésies, ma tâche principale consiste à donner aux vertueux des témoignages de leurs vertus après leur mort. C’est aussi le but que, dans ta louable ardeur, tu poursuis avec moi par ton art, quand les chefs-d’œuvre de l’antiquité, en même temps que les ouvrages qui feront vivre la gloire de nos contemporains, sortent si beaux de tes presses, pour passer à la postérité la plus lointaine. Voilà pourquoi j’ai voulu te dédier ce quatrième livre, qui atteste en nous un double effort si honorable, et où l’amitié, qui depuis longtemps nous unit, trouve un gage éternel. Adieu. Lyon, calendes de mai M D XXXVIII.»
Suit une toute petite pièce de trois vers, dont voici la traduction:
«D’autres ont le vice à cœur; qu’ils fassent assaut de vice. Nous, que la vertu seule a séduits, luttons de vertu. Voilà mon duel avec toi.»