Vingt fois il a souffert et chaleur et froidure,
Le pauvre et fier Dolet, martyr d’un beau dessein;
Vingt fois, pour accomplir sa tâche sainte et pure,
Lui-même il s’est privé de sommeil et de pain.
Soldat de l’avenir, bivaquant sur la dure,
Pourquoi braver ainsi le froid, la soif, la faim?
Pour vivre après la tombe, et, trompant la nature,
Se donner un trésor qu’elle refuse en vain.
Quand la gloire, aux grands cœurs, est une ample richesse,
Ne vous étonnez plus de leur mâle prouesse;