Ma compagnie, d'après cette répartition de nos forces, restait avec cent vingt-cinq hommes, commandés par mon capitaine.
Le sous-lieutenant avait le second peloton sous ses ordres, et moi, qui venais d'être nommé adjudant, je remplaçais le lieutenant absent dans le commandement de son peloton.
Voici notre ordre de marche:
En tête, vingt-cinq hommes de la section franche, avec quelques goumiers, sous les ordres d'un sous-officier, avaient pour mission d'éclairer la marche.
Venait ensuite le gros de la colonne, dans l'ordre suivant: il formait un carré, et chaque face du carré était couverte par un peloton.
En arrière-garde, à cinq cents mètres marchait l'autre détachement de vingt-cinq hommes de la section franche commandé par mon lieutenant.
En raison de la longueur du convoi qui dépassait un kilomètre, nos troupes étaient forcées de se disséminer d'une manière excessive. Chaque groupe était séparé de son voisin par une distance variant de six à sept cents mètres.
Il est nécessaire, pour la clarté des événements ultérieurs, que je donne ces détails sur notre formation de marche. On verra jusqu'à quel point nous fut fatale cette disposition de nos forces imposée par notre nombreux convoi.
Le terrain que nous parcourions, le matin du combat, offre aussi d'intéressantes particularités: il est accidenté de dunes de sable successives.
Ces dunes peuvent avoir une centaine de pieds de hauteur. Elles sont à pente douce, complètement arrondies à leurs sommets, et formées de sables mouvants qui fatiguent beaucoup la marche.