Dans les mouvements de la colonne, souvent la tête du convoi disparaissait derrière un de ces monticules, et notre formation se trouvait ainsi disloquée.
Il était impossible de savoir à la queue ce ce qui se passait en tête, et vice versa.
La mission de la fraction d'éclaireurs était des plus difficiles, en face de ces collines qui lui bornaient l'horizon en tous sens.
Telle était la disposition de nos forces, à notre départ d'El-Mengoub, avec la mission topographique.
Le deuxième jour de notre retour, nos éclaireurs nous annoncent un grand troupeau de moutons.
Sans avoir d'instructions là-dessus, mon capitaine obéit cependant à la loi de la guerre, et ordonne à la section franche de courir sus au troupeau et de l'enlever.
Les bergers se sauvent à l'approche de nos hommes, et les moutons sont à nous.
La facilité étonnante avec laquelle cette razzia vient d'être opérée nous donne de sérieuses inquiétudes. En effet, l'avenir fera connaître que ce troupeau sur notre route n'était en réalité qu'un leurre.
Une fois possesseurs de cette capture, qui compte deux mille têtes de bétail, nos embarras croissent et notre convoi s'allonge de moitié.
On s'arrête pour la nuit, et l'on met un peu d'ordre dans notre organisation.