Pas de temps à perdre cependant.

Le colonel donne quelques minutes de repos, et se dirige bientôt vers l'endroit où le combat a commencé.

Des cadavres d'hommes et de bêtes sont les sinistres points de repère qui nous guident dans notre marche.

Nos morts sont entièrement dépouillés de leurs vêtements et horriblement mutilés. Presque tous ont la tête séparée du tronc.

Nous arrivons à l'endroit où fut abandonné mon capitaine. Son cadavre nous apparaît sur le versant d'un monticule. Il est nu, et il a la tête et le bras gauche coupés. Une balle lui a percé le flanc droit. Dix-huit coups de couteau lui ont fait d'horribles trous dans la poitrine. Il a aussi subi la dernière mutilation. Ces misérable s'étaient acharnés sur les restes de notre malheureux capitaine.

A ce hideux spectacle, un frisson d'intense dégoût secoue les assistants. Les regards deviennent fixes de rage, les dents sont fermement serrées, et quelques sourds jurons se font entendre.

Mais il ne faut pas perdre de temps dans d'inutiles émotions. Vite à l'action. Nous enlevons nos morts, et rétrogradons vers Aïn-ben-Khélil.

Pas un ennemi à trente kilomètres à la ronde. Ces lâches-là ne s'attaquent qu'au petit nombre.

Le lendemain de notre arrivée à destination, les funèbres débris du combat recevaient de magnifiques funérailles.

XXIV