Elle est dite mobile quand elle garde un poste important, un passage principal, ou quand elle eut aller d'un point à un autre en emportant tout son matériel et ses bagages.
Ces deux genres de formations de troupe s'emploient surtout dans les pays comme l'Algérie, où la population indigène, toujours hostile et disséminée dans d'immense steppes, trouve souvent l'occasion de s'insurger sans encourir de punitions immédiates.
En 1881, lors de la conquête de la Tunisie, les troupes de la province d'Oran s'attendaient à participer au plaisir de châtier les Kroumirs, qui avaient haché en morceaux quelques malheureux hommes du 59e de ligne.
Il n'en fut rien cependant, et bien nous en prit, car il se préparait de la besogne pour nous sur les Hauts-Plateaux, du côté du Maroc, refuge éternel de tous nos révoltés.
Ce pays est une cause continuelle et inconsciente de toutes les insurrections qui désolent souvent le sud-Oranais.
Les insurgés, connaissant l'impuissance du Maroc à faire respecter ses frontières,—d'ailleurs très-mal délimitées dans ces régions,—savent y trouver un abri contre tout châtiment.
Ce maudit Figuig, que j'ai souvent envoyé à tous les diables, nous nargue toujours, sournoisement caché derrière ses remparts de terre cuite, que ses candides gaillards d'Ouled-Sidi-Cheik croient imprenables.
Quatre pièces de 80 et quinze cents fantassins déterminés réduiraient vite à néant ce ramassis de boue, de brigands et de voleurs.
Mais on ne veut rien faire, crainte de complications politiques.
Allons donc! Nous somme en 1882, n'est-ce pas? Eh bien! en 1888 le Maroc sera à nous!