[Note 8: Sortes de grands cadres flottants qui retiennent les bois.]

Près des passages difficiles, tels que rapides, chutes, points resserrés, on met plusieurs hommes, pris parmi les plus habiles. Ils ont pour mission d'empêcher toute pièce de bois de stationner contre un roc.

Si, malgré leurs efforts, il se forme une jam, on avertit le poste suivant, qui passe la consigne à son voisin, et ainsi de suite jusqu'à l'écluse, qui est immédiatement fermée.

Puis on procède à la rupture du barrage près duquel tout le monde est appelé.

Pendant ma campagne de 1874, je fus témoin,—d'après le dire de vieux flotteurs,—de la la plus grosse jam qui ne se soit jamais produite sur la rivière Shwaugan.

L'amoncellement de billots s'était formé dans une chute, haute d'une quarantaine de pieds. Il provenait d'un seul morceau de bois, qui s'était fiché dans une fente du rocher. Impossible de le déloger, car son point d'appui était à mi-hauteur de la chute.

On crie à l'instant de fermer l'écluse. Mais avant que cet ordre pût être exécuté, des milliers de pièces de bois étaient venues se masser sur la jam.

L'eau interrompue, tout le monde se met à la besogne. On essaye les divers moyens dictés par l'expérience.

Le foreman désigne maintes pièces qui, pensait-il, devraient être la clef du barrage, mais toujours sans résultat.

Comme cette jam était par trop dangereuse pour travailler dessus librement, on employait un autre moyen pour arracher les billots du tas. Voici en quoi il consistait. Un croc énorme, portant sur le dos un petit anneau auquel s'attachait une cordelle, était solidement lié par un grand câble.