L'établissement qui offrait ces divertissements mérite l'attention.
C'était un pot-pourri varié.
L'ensemble se présentait sous la forme confuse d'une agglomération de tentes, vieilles, sales déguenillés, quelques petites rues étroites permettaient la circulation dans cette ville de saltimbanques, de charlatans, de marchands forains.
Je m'approche.
Au nord, une attrayante lucarne lance deux jets de flammes qu'il s'agit d'éteindre avec un fusil à capsule.
J'y essaye mon adresse, mais je remporte une veste superbe, d'autant plus que les fusils tout amorcés m'étaient présentés par une dame borgne, aux plantureux appas.
Honteux de mon insuccès comme éteignoir, j'essaye les pipes.
Je prends un flaubert et je me venge sur les gambiers, qui volent en éclats au choc de ma balle bien dirigée.
Satisfait, je respire largement, et, le front haut, je me lance sur la roue de la fortune.
Le mécanisme de cette construction est assez simple: un rond de planche, à surface accidentée de petits trous concaves, rouges et noirs, sur lesquels se loge une boule.
A l'extérieur, une espèce de catapulte à poignée que l'on attire fortement à soi, et à ouvrir ensuite brusquement la main. La boule, placée devant le bélier, en reçoit un choc violent et roule dans l'arène avec fracas.